Les indices montent, soutenus par l’IA

Investissement
06.07.2026
3 Minutes
    Maxime Dupuis
    Directeur des Investissements et de la Gestion Sous Mandat - ODDO BHF Banque Privée

Derrière la hausse des grands indices se cache une réalité beaucoup plus concentrée : ce sont les entreprises qui fournissent l’infrastructure indispensable à l’intelligence artificielle qui captent aujourd’hui l’essentiel de la création de valeur.

Sur le plan géographique, les performances ont été solides, mais très hétérogènes. Exprimé en euros, dividendes réinvestis, le S&P 500 progresse de 13 %, tandis que le MSCI Europe gagne 11,3 %. Le Japon affiche également un semestre robuste (+19 %), mais c’est la Corée du Sud qui s’impose très largement en tête, avec une hausse spectaculaire de 125 %. Cette performance exceptionnelle mérite toutefois d’être relativisée. Elle repose en grande partie sur deux entreprises seulement : Samsung Electronics et SK Hynix. L’explosion de la demande en mémoires DRAM et HBM, devenues essentielles au fonctionnement des infrastructures d’intelligence artificielle, a provoqué une pénurie mondiale et une flambée des prix. Les bénéfices des deux groupes ont suivi la même trajectoire, expliquant l’essentiel de la performance du marché coréen. Autrement dit, ce n’est pas toute la Corée qui s’envole. Ce sont deux géants mondiaux– qui pèsent maintenant chacun plus de 1 trillion de dollar en termes de capitalisation boursière – qui tirent l’ensemble de l’indice. Une illustration parfaite de la concentration croissante des performances boursières.

L’intelligence artificielle redistribue les cartes

La révolution de l’intelligence artificielle ne bénéficie pas à l’ensemble du secteur technologique de manière uniforme. Les grands gagnants sont les entreprises qui construisent les infrastructures de cette révolution : fabricants de semi-conducteurs, fabricants de mémoires, équipementiers spécialisés, mais aussi certains acteurs de l’électrification ou de la cybersécurité, directement exposés à l’explosion des besoins en puissance de calcul et en centres de données.

Toutefois, certains segments de la technologie restent durablement sous pression. Les éditeurs de logiciels, les sociétés de services informatiques voient leur modèle économique remis en question par l’essor rapide de l’intelligence artificielle générative.

Aux États-Unis, plusieurs grands noms du logiciel et des services numériques, tels que Salesforce, Adobe ou Accenture, comptent également parmi les principaux perdants de la période. Il existe aujourd’hui des gagnants et des perdants de l’intelligence artificielle.

Trois forces continuent de piloter les marchés

Au-delà de cette forte dispersion, trois grands facteurs ont rythmé les marchés tout au long du semestre.

Le premier reste géopolitique. Les tensions au Moyen-Orient et la fermeture temporaire du détroit d’Ormuz ont ravivé les inquiétudes sur l’approvisionnement énergétique mondial, provoquant une nouvelle flambée des prix de l’énergie et alimentant les anticipations d’inflation.

Le deuxième est la poursuite de la remontée des taux d’intérêt. Des conditions financières durablement plus restrictives continuent de peser sur les valorisations, en particulier celles des entreprises dont la valeur repose principalement sur leur croissance future.

Enfin, le troisième moteur demeure l’accélération spectaculaire des investissements consacrés à l’intelligence artificielle. Les besoins en infrastructures, en puissance de calcul et en capacités de stockage continuent d’alimenter une croissance exceptionnelle des bénéfices tout au long de la chaîne de valeur des semi-conducteurs.

En parallèle, plusieurs indicateurs ont confirmé un ralentissement progressif de la consommation américaine, rappelant que l’environnement économique reste contrasté malgré la bonne tenue des marchés.

Les secteurs racontent une autre histoire que les indices

Le principal enseignement de ce premier semestre est sans doute là. Les indices donnent l’image d’un marché solide et relativement homogène. L’analyse sectorielle raconte une histoire bien différente. Quelques thèmes concentrent aujourd’hui l’essentiel de la performance : les semi-conducteurs, les infrastructures de l’intelligence artificielle, l’électrification et, dans une moindre mesure, la cybersécurité. À l’inverse, le luxe, la consommation premium, les logiciels d’entreprise ou encore certains segments de la santé et des sciences de la vie évoluent dans un environnement beaucoup plus exigeant.

Les performances sectorielles illustrent parfaitement cette dynamique. La technologie domine largement les marchés avec une progression de 33 %, devant l’énergie (+20 %) et l’industrie (+19 %), deux secteurs qui bénéficient eux aussi des besoins croissants en infrastructures.

Au fond, un indice n’est jamais une explication. Derrière une performance parfois spectaculaire se cachent souvent quelques entreprises seulement, quelques secteurs… parfois même une seule thématique. Cette année, les marchés ne récompensent pas la technologie dans son ensemble. Ils récompensent ceux qui construisent les fondations de l’intelligence artificielle.

Toute la nuance est là.

Nous restons positifs sur les marchés actions et notamment sur les secteurs de la technologie et de l’industrie. Enfin, nous maintenons nos positions dans les secteurs du luxe et de la santé/sciences de la vie. Après une période de sous-performance, ces segments présentent aujourd’hui des valorisations plus attractives et pourraient constituer d’importants relais de croissance pour le portefeuille en cas d’amélioration du cycle économique et de la confiance des consommateurs.


Source : ODDO BHF, Bloomberg. Données au 30/06/2026
Source : ODDO BHF. Données au 30/06/2026
Source : ODDO BHF, Factset. Données au 30/06/2026

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Auteur

    Maxime Dupuis
    Directeur des Investissements et de la Gestion Sous Mandat - ODDO BHF Banque Privée